samedi 6 octobre 2012

Le marché de Tarabuco

Le dimanche à Sucre… il n’y a rien à faire. Tout est fermé et les guides conseillent d’en profiter pour aller faire un tour sur le marché de Tarabuco. Nous nous sommes donc lever de bonne heure pour nous rendre dans ce petit village situé à 60 km de Sucre.
 
 
En soi Tarabuco n’a rien de particulier, mais c’est sympa de troquer le bitume et les grands immeubles de la ville pour les petites chaumières et les chemins de terre des petit villages.
 

 
 
Le marché ressemble à tous les marchés du monde… On y trouve de tout. Certaines rues sont consacrées aux vêtements, d’autres à la nourriture ou encore à la quincaillerie. Excepté certaines boutiques qui ont pignon sur rue, la plupart des marchands sont installés à même le sol, protégés du soleil par des bâches tendues au dessus de leurs têtes. Les enfants courent et jouent tout autour, quand ils ne se sont pas endormis sur un tas de piment séchés. Tout le monde va et vient là dedans, les visiteurs se mélangeant allègrement aux locaux venues des villages voisins.
 
 
 
Sur la place centrale, c’est le coin des textiles… ce qui est le plus à même d’intéresser les touristes. On y trouve les mêmes tentures, draperies et vêtements en alpaga que partout ailleurs. Mais c’est un bon endroit pour découvrir l’artisanat des Jalqu’a, plus rare et typique de la région. Tissée à la main, la production textile des Jalqu’a se distingue par ses couleurs et ses motifs si particuliers. Ainsi, on retrouve généralement des dessins noirs d’animaux stylisés (lamas, condors, chevaux…) ou d’êtres fantastiques sur fond rouge ou blanc. Il est aussi possible d’en apprendre plus sur cette culture et son art au musée de l’artisanat indigène de Sucre.
 


Enfin, comme nous étions près de trois heures là bas et que le marché, aussi sympa soit il, ne mérite pas à lui tout seul autant de temps, ce fut aussi l’occasion pour nous de faire quelques portraits...
 









 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
... et pour finir, un dessin....
 
 

 

Sucre: une capitale méconnue



Sucre est une capitale aux allures de petite ville. Bien que le pouvoir ait effectivement été transféré à La-Paz, la constitution n'a jamais été modifiée et, sur le papier au moins, Sucre reste la capitale de la Bolivie.



Le temps semble s'être arrêté ici. D'extérieur la ville a gardée ses façades coloniales et aucun immeuble contemporain ne vient troubler le paysage. Quasiment tous les murs sont peints en blancs. Les autres sont laissés nus, exaltant leurs pierres orangées. De ce fait les lumières sont extraordinaires et, si la journée ça a plutôt tendance à faire mal aux yeux, le soir les teintes de bleu et d'orange donnent vie aux monuments. En plus, la température y est beaucoup plus douce que dans l'altiplano, ce qui ajoute aux charmes des promenades de fins d'après midi.
 


 
 
Toutes peintes de noir, les grilles en fer forgé des portes, des fenêtres et des balcons animent les façades de leurs arabesques. Dans un autre registre, les fils électriques, tout aussi noirs malheureusement, lacèrent horizontalement les murs immaculés.
 
 
 
Dans cette ville en noir et blanc, les couleurs sont plutôt rares. Le bois est le premier élément à casser cette monochromie. On le retrouve de façon disparate sur les balcons à l'espagnol et les lourdes portes des monuments. Ensuite, tout aussi discrets, ce sont les toits en tuiles ocres qui ajoutent un peu de couleur. Mais pour les voir de haut, mieux vaut se rendre sur la splendide et paisible place de la Recoleta, sur les hauteurs de la ville, ou encore aller se percher sur les toits du monastère San Felipe de Neri. Pour le reste c'est la nature qui s'en charge... Les palmiers et les arbres aux fleurs rouges et violettes s'occupent d'apporter la touche finale au tableau. Toutes ces teintes, sur un fond de ciel parfaitement bleu, procurent à la ville son caractère si particulier.
 




 Si le paysage aspire à la tranquillité, ce n'est cependant pas toujours facile d'y accéder. Les rues sont étroites et tout le monde s'y bat pour y trouver sa place. La pire heure est probablement celle de la sortie des écoles. Les petits trottoirs se retrouvent pris d'assaut par tous ces écoliers qui vont et viennent dans tout les sens. Pas facile de se frayer un chemin. Le soir c'est un peu près la même chose sauf que les ados ont pris la place des petits en uniformes. L'ambiance reste toutefois très sympathique malgré les inévitables bousculades.
 


La vie parait beaucoup plus authentique ici, comparé aux autres villes touristiques du Pérou. Les boliviens sont peut être un peu moins avenants, mais ils restent très sympathiques et il est enfin possible de s'assoir sur un banc public sans se faire harceler... même si on n'est pas à l'abri d'un vendeur ou deux. La ville à de quoi assouvir les envies de sortie, qu'il s'agisse aussi bien des monuments et des musées que des bars, des restaurants et autres lieux de divertissements... Bref on est bien à Sucre et il y a vraiment de quoi s'occuper dans un cadre plus qu'agréable.

 

mardi 2 octobre 2012

Les mystères de Tiwanaku


Nous ne pouvions pas quitter La Paz sans faire un détour par Tiwanaku. Il s’agit en fait du plus grand site archéologique pré-inca de Bolivie. Il se compose de plusieurs temples érigés par la culture Tiwanaku qui régna sur l’altiplano de 2000 av.JC à 1200 ap.JC.
 
En réalité, les fouilles n’en sont qu’à leurs débuts et les choses avancent lentement. On ne sait pas grands choses sur cette culture et il existe encore beaucoup d’inconnues quant à la forme et à la fonction précise de ces temples.




 
Malgré toutes ces questions sans réponses, la visite est très intéressante et les œuvres découvertes sont particulièrement belles.



Le tour se fini par la visite de l’énigmatique temple de Puma-Punku . Alors là, il faut carrément beaucoup d’imagination pour y voir un plan d’ensemble, mais la finesse et l’exactitude dans la taille des pierres défient nos connaissances modernes à tel point que certains écrivains ont imaginé que cet édifice fût bâtit par des extraterrestres…

 
Rendez-vous dans vingt ans pour voir si on a plus de réponses… En attendant le site mérite le coup d'oeil !!! 
 
 
      

lundi 1 octobre 2012

Deux jours à La-Paz


La Paz est à l’image de son réseau électrique : brouillon.



Ca va et vient dans tous les sens, ça fait du bruit et  ça ne sent pas toujours bon… voilà un peu l’ambiance générale. Même l’architecture manque d’unité. Les centres commerciaux côtoient les églises baroques et  les immeubles coloniaux, laissés à l’abandon, succombent sous le poids des tours modernes restées inachevées. Les étales débordent sur la chaussée, obligeant les piétons à circuler au coté des voitures qui semblent tout faire pour les gêner d’avantage… Bref, on ne pas dire que La Paz inspire la sérénité. 

En réalité cette impression nait dès le départ, lorsque l’on arrive par les hauteurs. On y voit la ville partir à l’assaut des montagnes qui l’encercle, comme si la cuvette qui lui a servit de berceau ne lui suffisait plus. La cité manque d’espace et ça se ressent. 
 
 
 
Dans le centre, ce sentiment d’étouffement s’accroit encore. Les bus et les voitures s’enfoncent dans des rues trop étroites. Sur les trottoirs, les passants se bousculent pendant que les vendeurs s’égosillent en tentant de couvrir le bruit des klaxons.
 
 
Même ambiance sur les marchés. On ne peut ni vraiment avancer ni vraiment s’arrêter quand on veut, il faut suivre le rythme tout en évitant les cables et les parasols. On se laisse ainsi porter de stands en stands, passant des fruits à la viande et des épices aux fleurs. On ne reprend son souffle qu’à la sortie.
 
 
 
On a beau chercher, il n’y a pas vraiment de repères auxquels se rattacher… Les monuments ne sont qu’un piètre recours puisqu’ils semblent aussi avoir capitulés, se laissant peu à peu engloutir par la ville. Pour s’en rendre compte, il suffit de regarder la cathédrale qui,  par devant, se fait toute belle et triomphante alors que, derrière, elle se meurt, asphyxiée par les centres commerciaux qui l’encerclent de toute part. La toute baroque église San Francisco ne fait pas mieux puisqu’elle n’a même pas réussi à sauver l’intégralité de son parvis, le laissant pour moitié à la quatre-voies qui sert d’artère principale à la ville.
 
Façade de la cathédrale
Et son chevet....

Quelques quartiers se distinguent toutefois. C’est le cas des petites rues pavées de derrière San Francisco qui proposent, au milieu des boutiques de souvenirs,  quelques petits magasins originaux. Dissimulés entre un poncho en alpaga et une flute de pan bon marché, on trouve des petits lamas entiers desséchés qui servent d’offrandes à la Pacha-Mama durant les fêtes rituelles du mois d’Aout. On découvre en même temps tout un tas d’objets et produits en relation avec ces croyances ancestrales.
 

 
 




















Il existe aussi une petite rue qui a gardé son unité et son style. Un peu derrière la cathédrale, à l’écart des grosses rues environnantes,  la calle Jaen a su à conserver ses couleurs d’antan. Elle offre aux curieux la possibilité de se projeter un peu plus facilement dans le passé de la ville. C’est d’ailleurs là que se trouve un petit complexe de quatre musées qui retracent l’histoire de la Bolivie et de La Paz. Enfin un endroit qui met tout le monde d’accord…
 
 
A La Paz, ça ne fait que passer, bouger et crier, mais finalement, à l'instar de son réseau électrique, ça semble quand même fonctionner. Peut être nous aurait il fallu plus de temps pour nous habituer à cette agitation permanente… mais nous n’avons rien trouvé à faire qui nous aurez poussé à rester.
 
 
 

La plage de Copacabana...


Copacabana est une petite ville sur les rives du lac Titicaca. Bien qu'elle n'ait pas grand chose en commun avec sa grande soeur du Brésil, on y trouve quand même une plage. Bien que la température de l'eau ne dépasse pas les 13°, il règne ici une atmosphère de station balnéaire. Les rues du centre ville sont bordées de petites échoppes et descendent doucement en direction du lac. Les hôtels et restaurants s'accumulent en bas de la ville, ventant à tour de rôle leur exceptionnelle vue. Des petits cafés en bord de plage permettent de se détendre en regardant les enfants jouer dans le sable. Les gens vont et viennent, tantôt montant, tantôt descendant des bateaux desservant les iles alentours... On se croirait presque en vacances!
 
 
 Mais si le nombre d'hôtels est si important, ce n'est pas seulement à cause des charmes du lac. Il se déroule ici, au mois d'Aout, un immense pèlerinage en l'honneur de la vierge de Copacabana, celle qui sauva un marin du naufrage au large des côtes brésiliennes et qui donna son nom à la plage de Rio. Pour nous, il était trop tard pour les procéssions, mais la madone reste tout de même visible dans la cathédrale. Grâce aux dons des fidèles son vêtement change tout les trois mois et pour notre passage, elle était parée de blanc et d'or.
 

 
 Juste sur le flanc gauche de l'édifice, se trouve un lieu très étonnant: La chapelle aux cierges. C'est simplement une étroite pièce, sans fenêtres ni éclairages, meublée au centre de deux longues tables en pierre  sur lesquelles les fidèles viennent déposer des cierges. En guise d'ex-voto, les gens inscrivent ou dessinent l'objet de leur prière à la cire blanche, directement sur les murs noircis par la suie. Seules les lumières des bougies permettent de lire ce qu'il y a d'écrit... l'ambiance est irréel.
 
 
 
Voilà en gros pour les attraits de la ville. Elle n'a plus rien d'inca et quasiment plus rien d'espagnol et il n'y a pas grand chose à faire d'autre que de profiter du climat, du lac et des iles.
 
 
 
 
Nous devions d'ailleurs passer une journée sur l'ile du soleil avant de repartir sur La Paz. Les bateaux partent à 8h30 tous les jours... Mais, pour en profiter, encore faut-il avoir une montre à l'heure!!! Oui, il y a bien une heure de décalage entre le Pérou et la Bolivie. Nous nous étonnions que les gens mangeaient de très bonne heure alors qu'en fait c'est nous qui vivions avec une heure de plus depuis deux jours... Tout d'un coup, tout prenait un sens.


Enfin visiblement nous n'étions pas les seuls à ne pas être au courant puisque plusieurs personnes se sont présentées en même temps que nous sur le port. Nous avons donc pu partager un bateau avec nos compagnons d'infortune. Le bateau nous déposa sur l'ile de soleil, coté nord. Nous avions l'après midi pour traversé l'ile et le rejoindre coté sud. Comme notre déconvenue de la matinée nous a fait perdre pas mal de temps, nous n'avons donc même pas profité de la petite plage qui s'offrait à nous à la sortie du village et nous sommes directement partis en direction des ruines incas.
 
 
Premier check point... On ne perd pas les bonnes habitudes, il faut payer pour accéder au site! Après nous être acquittés de nos 20 bolivianos, nous arrivons sur les ruines de Chincana, étonnante construction en forme de labyrinthe au milieu duquel coule une source sacrée. Après un petit tour et quelques photos, nous continuons notre route en direction du sud de l'ile. La route est désertique. Excepté les petites criques désertes en contre bas et quelques maisons en ruine, le reste n'est que cailloux et herbes rases. Cela n'empêche pas que le chemin nous soit facturée 30 Bolivianos de plus. Après 2h30 de marche, nous arrivons sur Yumani. Dernier Check Point avant de rentrer la ville et dernière taxe de passage. Le temps nous presse un peu et nous traversons rapidement la petite bourgade en empruntant le long escalier inca qui descend à pic vers le port où nous attend le bateau... C'est fatigué que nous rentrons sur Copacabana.
 



 
 

Il aurait été préférable que nous restions une nuit sur l'ile... D'autant plus que cela aurait pu se faire. En effet, dans notre planning, nous devions prendre un bus pour La Paz le lendemain de notre randonnée sur l'ile du soleil. Mais des manifestations de mineurs ont éclaté dans la capitale et toutes les voies d'accès aux grandes villes étaient coupées par les manifestants. Nous n'avons donc pas pu partir à la date prévue mais avons  profité une journée de plus de la petite ville sur le lac... Ce qui n'est pas le pire endroit au monde pour rester coincé.