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samedi 20 juillet 2013

Hanoi - Luang Prabang: 35 heures de galère

Au départ nous voulions quitter le Vietnam par Dien Bien Phu et continuer en bus au Laos, jusqu’à Luang Prabang, mais, la gérante de notre hôtel à Hanoi nous a conseillé de plutôt prendre un sleeping  bus direct Hanoi / Luang Prabang, qui passe plus au sud mais qui se trouve être plus rapide. Un peu pressés par le temps, nous avons suivi ce conseil: Partant d’Hanoi le 01 Juin à 19h00 et comptant 10 à 11 heures de transport jusqu’à la frontière et encore le même temps jusqu’à Luang Prabang, nous devions arriver à destination le 02 Juin aux alentours de 17h, en ayant passé le trajet sur les banquettes d’un sleeping bus coit disant « VIP ». Ce programme, bien que plus cher que ce que nous avions prévu, paraissait intéressant… Malheureusement rien ne s’est passé comme ça et nous aurions mieux fait de nous en tenir à nos plans initiaux !
 
Dès le départ les choses ont commencé à mal se passer. A peine embarqués dans le bus, nous nous rendons compte qu’il n’y aura pas assez de banquettes pour tout le monde. 46 passagers (sans compter les enfants qui partagent une place avec leurs parents) pour un bus qui compte 35 places, forcement ça pose problème et même si nous avions réservé 10 jours à l’avance, l’un de nous allait devoir dormir par terre, dans une allée large d’une cinquantaine de centimètres, coincé entre deux lits, avec le sac du passager devant lui sur les genoux ; tout cela sans couverture ni oreiller bien sur. Ceci dit, celui sur la banquette n’a pas beaucoup plus de chance, car ces dernières, trop petite, ne permettent pas non plus de s’allonger complètement. C’est donc dans un bus plein à craquer et infesté de bestioles, pliés en deux et immobilisés par des barres de fer de tous les coté que nous prenons la route. Ajoutés à cela les secousses d’une route pas toujours lisse… Ca laisse des traces !
 
 
Le passage de frontière, au petit matin, ne posa pas de problèmes particuliers et il fallut patienter quelques kilomètres pour que les ennuis recommencent. En effet, le bus tomba une première fois en panne au milieu de rien, nous laissant en plan pour une bonne demi-heure en plein soleil. Les mécaniciens bidouillèrent un truc qui nous permit de tenir jusqu’au prochain village où nous nous arrêtâmes une heure de plus afin de faire les réparations nécessaires… Au moins, là il y avait de quoi manger et boire à l’ombre. Nous profitâmes de ce moment pour mieux faire connaissances avec nos compagnons de route et nous apprîmes alors que tous allaient sur Vientiane et non sur Luang Prabang. Pris d’un sérieux doute, nous demandons pour la troisième fois au chauffeur de nous confirmer la destination et nous eurent encore une fois une réponse affirmative « ce bus va bien à Luang Prabang ». Nous continuons donc notre infernal trajet dans ce bus brinqueballant.
 
 
Le clou fut l’arrivée à Vientiane… C’est seulement à ce moment là, après 23 heures de voyage, que le chauffeur nous donne un peu d’argent laotien accompagné d’une lettre photocopiée, rédigée dans un anglais approximatif, qui nous informe que le bus n’ira plus loin et qu’il nous faut aller par nos propres moyens dans une autre gare pour prendre un autre bus pour Luang Prabang. Après une bonne engueulade aussi désagréable qu’inutile, nous traversons la ville dans un tuc-tuc dans l’espoir de pouvoir attraper un bus qui nous emmènera à destination. Heureusement, dans la seconde gare routière, le bus de 19h00 attendait encore. Bien sur, il fallut rajouter un peu de notre poche pour obtenir nos billets (la somme d’argent laissée par le premier chauffeur ne suffisant pas à couvrir tous les frais de transfert) mais nous finirent tout de même par embarquer.
 
 
Nous sommes donc repartis pour 10 heures de voyage, de nuit, assis dans un vieux bus local qui, à défaut d’être confortable, marchait correctement.  Après ce que nous venions de vivre, même avec un moine endormis sur les épaules de JB et une route carrément défoncée, le voyage nous parut reposant. Au final, nous arrivâmes à Luang Prabang à 5 heures du matin, à peine avant le lever des moines...
 
Il nous fallut plusieurs jours pour digérer cette histoire, car, au-delà du fait d’avoir passé un temps fou entassé comme des bestiaux dans un bus crasseux et dangereux, c’est surtout le sentiment de tromperie et de mensonges qui nous insupportait, surtout vu le prix qu’on a payé à la base. Cet épisode entacha notre vision du Vietnam qui, sans cela, n’aurait été qu’une succession de bons moments et de belles rencontres.      

mercredi 17 juillet 2013

Sapa, Bac Ha et les villages ethniques

D’Hanoi nous partons pour une excursion de 2 jours dans la région montagneuse de Lao Cai. Aux portes de la Chine, cette cité constitue le terminus ferroviaire du nord Vietnam et c’est de là que partent ensuite les bus pour Sapa ou Bac Ha.
 
Et oui... en face c'est la Chine
 
Beaucoup de communautés ethniques différentes vivent dans cette région. On retrouve parmi les plus nombreux les Hmong, les Dzao ou les Tay. Mais la répartition de ces peuples ne suit pas les frontières actuelles et l’on en retrouve certains en Chine, au Laos et au nord de la Thaïlande. Pour les ethnologues, ces minorités se caractérisent principalement par leurs origines et leurs appartenances linguistiques. Pour le commun des mortels, c’est principalement leurs vêtements qui permettent de les différencier, surtout celui des femmes, typique à chaque groupe et même sous-groupe. En effet, certaines de ces ethnies sont constituées de sous-famille et les Hmong sont par exemple subdivisés en Hmong noirs, verts, blancs ou fleuris… tout ceci en fonction de la couleur de leur costume. Autant dire que l’art textile est d’une très grande importance ici.
 

Les alentours de Sapa sont surtout habités par les Hmong noirs. Ces derniers vivent principalement de la culture du riz qu’ils cultivent en terrasse à flanc de montagne. Accompagnés d’une petite armée de femmes hautes comme trois pommes, nous partons sous la pluie pour un trek de quelques heures dans cette vallée majestueuse faite de pierre, d’eau et de boue. Nous commençons par traverser les champs de maïs, plantés en haut des collines car moins gourmands en eau, avant de descendre peu à peu dans les rizières. Au mois de mai, c’est la période de plantation du riz, pour une récolte en Aout. Ainsi, les coteaux ne sont pas encore verdoyants comme sur les photos traditionnelles et c’est le ciel gris qui domine, se reflétant sur les eaux stagnantes des terrasses encore vierges. Quelques pousses apparaissent déjà sur les parcelles les plus précoces mais, globalement, le temps est aux travaux de labourage et à la réfection des terrasses. 
 
 



Au cours de cette randonnée, nous traversons quelques villages aussi simples que surprenants. Il n’y a pas toutes les commodités que l’on peut trouver en ville et les rizières qui encerclent ces petites maisons de bois doivent probablement rappeler à leurs habitants la dureté de leur quotidien. Pourtant, les gens ne semblent pas malheureux. Les hommes travaillent aux champs, les femmes aussi quand elles ne s’occupent pas des bébés ou qu’elles ne tiennent pas les boutiques. Et les enfants se regroupent dans les rues caillouteuses pour guider à coup de brindilles un gros buffle placide vers l’étable. A l’exception des jeunes enfants à qui l’on a appris à faire les yeux larmoyants pour apitoyer l’éventuel acheteur, notre défilé touristique ne semble intéresser personnes. Seules nos petites suiveuses restent préoccupées par notre confort… Et pour cause, elles finissent par se jeter littéralement sur nous à la fin du voyage essayant de nous aire acheter quelques broderies. Une marchande par touriste, le compte est bon… Difficile de dire non !
 










 
Ceci dit l’artisanat des Hmong noirs est particulièrement fin. Traditionnellement, les femmes fabriquent elles même leurs vêtements. Teintées de noir et de bleu, leurs habits traditionnels se composent d’une longue tunique resserrée à la taille par une ceinture et d’une jupe. D’autres accessoires tels qu’un chapeau, une écharpe ou des bandes de velours aux jambes peuvent venir compléter la panoplie en fonction de la météo. Tous ces vêtements sont rehaussés de lanières et de broderies vertes, blanches et rouges. Ces dernières sont réalisées à la main, séparément, et cousues au vêtement de manière à le personnaliser. Il ne s’agit pas forcement d’habits d’apparat pour ces femmes et la plupart d’entre elles les portent tous les jours pour aller travailler. Leurs broderies ont d’ailleurs beaucoup de valeur à leurs yeux et elles ont coutume de les réemployer quand l’ancien vêtement est trop usé.
 
On retrouve aussi sur les vêtements Hmong d’envoutantes pièces de tissus bleues embellies de motifs géométrique extrêmement fin, apparaissant en filagramme. En réalité, le dessin  est réalisé en premier, à la cire d’abeille, sur le drap encore blanc. Puis l’étoffe est teinte en bleu avant d’être mise à bouillir pour éliminer la cire. Les morceaux de tissus sont ensuite découpés et apposées sur les habits.
 

 
Ce bleu profond et si particulier est obtenu à partir des feuilles d’indigo. On retrouve des plantations de cette plante un peu partout dans la montagne. C’est la base de la teinture des Hmong noirs. Il suffit seulement d’ajouter des feuilles d’indigo fraiches à la fin du processus de teinture en bleu pour atteindre le noir des vêtements qui a valu son nom à cette ethnie si particulière.
 
 
Que ce soit les vêtements ou les draperies, tout cela est exposé au marché de Sapa. Il est sympathique de se promener dans les rues de cette petite ville entourée de montagne. Bien que l’on soit très proche géographiquement des villages de cultivateurs, on a l’impression d’être ici dans un autre monde. La ville, tout à fait charmante, a sous certains aspects des airs de stations de ski… On s’y sent bien malgré la pluie et nous serions bien restés une ou deux journées de plus pour profiter d’avantages des alentours.
 


A Bac Ha, le grand marché du dimanche est une institution. Les Hmong noirs deviennent minoritaires et ce sont plutôt leurs homologues fleuris qui s’imposent. On les identifie facilement avec leurs costumes aux teintes orangés et aux motifs floraux. Mais d’autres ethnies, plus discrètes, font aussi le déplacement jusque là pour vendre leurs productions.
 
 
C’est un grand Capharnaüm… Ca se bouscule et ça discute beaucoup au devant des étals. Tous les recoins de la ville sont investis et il est plutôt difficile de s’y retrouver au premier abord. Après avoir fait un petit tour on se rend compte qu’il y a tout de même une logique dans tout cela et on commence à prendre ces repères. La place centrale est consacrée aux produits frais et à la nourriture. Autour, ce sont plutôt les stands d’étoffes et de produits artisanaux destinés aux touristes qui dominent alors qu’en périphérie on retrouve les animaux et les outils usuels. On se promène allègrement dans tout ça, toujours guidé par les sons, les odeurs et les couleurs si différentes de chez nous. Dommage que le village soit si loin de Lao Cai… Il nous reste tout juste assez de temps pour aller visiter un autre petit village traditionnel et il est déjà temps pour nous de repartir.
 

Ce week end dans le nord du Vietnam était vraiment magique et très instructif. Pour une histoire d’organisation, nous sommes partis avec un groupe. Mais si nous avions vraiment su tout ce qui nous attendait ici, nous serions venu par nos propres moyens et aurions certainement pris plus le temps de profiter de chaque lieu et de chaque instant ; d’autant plus que la région commence à s’ouvrir et qu’il est très facile d’y accéder et d’y séjourner.
 





 

La magique baie d'Halong

Beaucoup de choses ont été dites sur la baie d’Halong et sa beauté continue de faire couler beaucoup d’encre. Mais à l’instar des grands sites naturels tels que le Grand-Canyon, Uluru ou le Sahara, rien ne sert d’essayer d’en transcrire la magie tellement l’endroit est unique…
 
 Bien sûr on pourrait parler des heures de ses grands pitons rocheux aux formes étranges et recouverts de végétation qui sortent de l’océan...
 
 
On pourrait aussi évoquer les brumes ou les tempêtes matinales qui font jouer l’ombre et la lumière pour teinter de mystère cet ensemble grandiose...

 
On pourrait aussi écrire sur les couchers de soleil qui habillent de noir et de rouge les géants rochers...

 
On pourrait s’attarder sur le vert laiteux de l’eau ou sur la douceur du vent...

On pourrait enfin se rappeler de l’étrangeté des cavernes qui se cachent à l’intérieur des falaises…
 
Mais tout cela ne servirait à rien… La baie d’Halong fait parti des sites qu’il faut voir de ses yeux.
 
 
En revanche, rien ne sert de chercher ici la solitude… Aucune chance de la trouver ! Même en période creuse la « baie » (du moins la partie accessible) est envahie par les bateaux de touristes. Ces embarcations font toutes plus ou moins le même tour, si bien que tout ce petit monde se retrouve à visiter les même choses au même moment… ce qui enlève un peu à la magie de l’instant.

 
De toute manière, à moins de vouloir aller s’isoler quelques temps sur l’ile de Cat Ba, il devient quasiment impossible de visiter la baie en elle-même par ses propres moyens. Les tours organisés sont bien implantés et il est finalement moins cher et plus pratique de passer par eux que de tenter de louer un bateau à la journée. Ils permettent aussi parfois, comme ce fut le cas pour nous, de faire des bonnes rencontres !