samedi 20 octobre 2012

San Pedro: Une oasis au milieu du désert


Nous voilà donc au Chili... et plus précisément à San Pedro de Atacama. Cette oasis perdue au milieu du désert le plus sec au monde, en plus d'être une station de vacances très prisée par les chiliens, se situe à la croisée des routes venant de la Bolivie et de l'Argentine. Donc, autant dire qu'il y a beaucoup de passage et que le coût de la vie y est plutôt élevé. Ça fait un choc quand on s'est habitué aux prix boliviens!


 
Enfin, ceci dit c'est tout de même une étape très agréable... Le village en lui même est très mignon et il y a énormément de choses à faire aux alentours. De quoi passer quatre jours sympas avant de reprendre notre route.


 
En fait, nous n'avions rien prévu pour le Chili... Nous sommes arrivés là sans vraiment savoir où nous allions. Il nous fallait donc quelques jours d'arrêt, à la fois pour nous reposer de la Bolivie et pour décider de notre itinéraire. Par chance, nous sommes tombés sur une super petite auberge, situés en plein centre ville et tenue par des français (enfin à notre arrivée, surtout un) auprès desquels nous avons pu nous renseigner sur les choses à faire dans le coin et au Chili en général. En plus, comme les français attirent les francophones, nous avons aussi pu partager nos expériences avec beaucoup de voyageurs comme nous. Alors une fois n'est pas coutume, faisons un peu de pub pour un endroit vraiment charmant avec en prime une bonne ambiance et des gens accueillants ... La Rose d'Atacama!
 
 
Tout les français ne sont bien sûr pas dans le même hôtel que nous, mais le village reste petit et nous avons eu la chance de recroiser Jean-Michel, notre nantais de Bolivie, avec qui nous avons pu échanger un bon repas et partager quelques bières... Voilà que le Chili commence pas mal!!!


Même si nous avons passé pas mal de temps à nous reposer, nous sommes quand même sortis de temps en temps pour faire quelques activités, au moins les plus proches. La première d'entre elles fut le musée archéologique. Là encore il est possible d'entendre du français, puisqu'il y a une visite francophone chaque jour. En plus c'est super intéressant pour qui veut en apprendre d'avantage sur les atacameños, leurs modes de vie et leur art si particulier, en ocre et noir...

Nous en avons aussi profité pour aller à la rencontre de quelques artisans locaux. Le village artisanal est un bon endroit pour ça. Nous avons ainsi pu croiser Mario Lupa, un artiste pyrograveur qui utilise la lumière du soleil pour teindre son bois et créer ses compositions. Le résultat est stupéfiant.
 


 


Nous avons aussi pu voir des artisans travailler le cuir, les métaux ou encore la laine. Énormément de choses à voir, pour peu que les ateliers soient ouverts.

 
Par ailleurs, nous avons aussi eu l'occasion de discuter avec Fernando Alfaro, un céramiste local qui a son atelier non loin de l'hôtel.  Son travail est basé sur l'art des atacamènes. En plus de réaliser des reproductions des pièces du musée, Fernando s'inspire des formes et des couleurs traditionnelles pour ses propre créations. Il adapte entre autre, toujours en céramique, certains instruments de musiques anciens, d'habitude en bois ou en calebasse. Son but est de promouvoir l'art des atacamènes et son travail connaît une certaine notoriété à l'international puisqu'il a été plusieurs fois invité à représenter son pays dans différents salons. Peut être viendra t'il bientôt en France d'ailleurs...



Sur un plan plus sportif, la journée la plus dure fût celle où nous décidâmes de faire la vallée de la mort et la vallée de la lune en vélo, dans la même demi-journée. Nous sommes partis de bon matin, en compagnie de David et Mélissa, un couple de québécois rencontré à l'hôtel, direction la vallée de la mort... Bien que la vallée ne soit pas très grande, les paysages ensablés sont tellement hors du commun que nous n'avons pas vu le temps passer. L'heure était donc déjà bien avancée quand nous décidâmes de nous diriger vers la vallée de la lune... et le soleil commençait déjà à taper au dessus de nos têtes.    




Nous étions trop juste au niveau timming pour faire la traversée de la vallée de la lune en entier... d'autant plus que Morgane a perdu une lentille au milieu du désert. La route n'est déjà pas forcement facile, mais là ça devienait vraiment compliqué. Nous avons quand même pu profiter tous ensemble des grottes de sel. Comme leurs noms l'indique, il s'agit de boyaux en cristaux de sel, plus ou moins souterrains, longs de quelques centaines de mètres... c'est assez amusant comme endroit.



C'est après que notre petit groupe éclate: Morgane, ayant perdu un oeil, commence à rebrousser chemin alors que les canadiens s'en vont manger un peu plus haut, au niveau de la Duna Mayor. JB s'en va tout seul jusqu'au mirador, un point de vu qui permet d'avoir une vue à 360° sur toute la vallée et le désert d'Atacama... Le panorama est réellement splendide vue de la-haut!!!
 
La Duna Mayor
La vue du mirador
Enfin nous finissons tous par nous rejoindre vers 14h, pour rendre les vélos... Les deux vallées méritent d'être visitées, mais il aurait peut être mieux fallut prévoir la journée complète, ça aurait été moins la course et ça aurait évité quelques courbatures.
 

                     Une petite video prise du mirador de la vellée de la Lune pour donner une idée de l'ambiance... 


La dernière journée à San Pedro fut l'occasion d'un tour à la Laguna Cejar... Petite excursion tranquille pour se remettre des émotions de la veille. En fait, on nous amène au début du salar d'Atacama (rien à voir avec celui d'Uyuni, ni géographiquement, ni géologiquement et ni visuellement), au bord d'un petit lac, pour une baignade dans des eaux hyper salées. La concentration est si forte qu'il est impossible de couler... On est simplement porté par le sel. Dommage que l'eau soit froide, la baignade est de courte durée .
 

 
Le tour continu par la visite de curiosités géologiques avant de s'achever au pied du lac Tobinquinche, pour admirer le coucher du soleil sur la Cordillère rougissante, un verre de Pisco Sour à la main. Plutôt cool comme après-midi.





 
 
Voilà un peu pour nos quelques jours passé à San Pedro... Un super bon moment qui fait du bien. Finalement, nous pouvons reprendre notre route, direction le sud.


mardi 16 octobre 2012

3 jours entre Uyuni et le Chili

On va passer rapidement l'épisode du bus aux relents de graisse froide, de sueur et de bombe désodorisante pour se concentrer sur nos derniers jours passés en Bolivie.


L'essentiel des choses à dire ne réside pas non plus dans la ville d'Uyuni en elle même. A part procurer la sensation d'être au bout du monde, la petite ville ne présente pas tellement d'intérêts. Si nous nous sommes arrêtés là, comme beaucoup d'autres gens d'ailleurs, c'est pour découvrir les merveilleux paysages qu'offrent le sud de la Bolivie et notamment cet extraordinaire endroit qu'est le salar d'Uyuni.



Nous sommes passés par une agence locale qui prévoyait des tours de trois jours dans la région et qui s'occupait en même temps du transfert vers San Pedro de Acatama au Chili... Voici un peu le programme:
- 1er jour: Départ d'Uyuni, visite du cimetière de train puis traversé du salar. Repas sur l'île du pêcheur, visite de l'île et première nuit dans un hôtel de sel aux confins du salar.
- 2nd jour: Visite des champs de lave du volcan Ollague et tours des lacs de l'altiplano (Laguna canapa, honda et Hedionda) avant une deuxième nuit à 5000 mètres, au pied du Laguna Colorada.
- 3e jour: Passage au geysers delSol de Mañana, puis bains dans les sources d'eau chaude avant le passage au Chili...
 
Reprenons un peu ce programme en détails et en images: Nous partons d'Uyuni en 4x4 en compagnie de 2 canadiens, un couple de brésilien et Aquilino, notre chauffeur-guide-cuisinier-mécano....
Le tour commence donc par la visite du cimetière de train, à la sortie de la ville. Il n'y a pas grand chose à dire sur ce lieu si ce n'est que c'est toujours sympa et marrant de monter sur d'anciennes machines à vapeur à l'abandon.
 
 
 Puis nous continuons sur ce qui constitue probablement le clou du spectacle: le salar d'Uyuni. Il s'agit d'un ancien lac salé de plusieurs milliers de kilomètres carré et asséché depuis quelques milliers d'années (je n'ai plus les chiffres exacts en tête, mais tout ça c'est beaucoup...). La surface du sol est donc recouverte de cristaux de sel... en terme visuel, du blanc, du blanc et du blanc sur des kilomètres à la ronde. La lumière est si forte que les montagnes au loin semblent flotter au dessus de l'horizon. La cordillère s'efface devant l'immensité du désert au point de ne former qu'une ligne sombre, aux contours flous, servant d'intermédiaire entre la terre blanche et le ciel azur.
 

 
Juste une petite île émerge de cet océan immaculé, l'île du pêcheur (ou Inca Wasy parce qu'un inca y a vécu dessus parait-il). Ce petit bout de rocher au milieu de nul part a été colonisé par des cactus géants. Du haut de leur 3 ou 4 mètres, ces magnifiques plantes dominent le salar et se détachent fièrement sur le bleu du ciel...Le spectacle est saisissant, surtout quand on nous apprend que ces cactus ne poussent en moyenne que d'un centimètre par an...
 


Nous passons une nuit dans un hôtel de sel au bord du salar. Alors le nom peut faire rêver, mais il s'agit en fait d'une simple auberge construite en briques de sel et avec un sol en sel. Le confort est assez sommaire, mais l'ambiance est très sympa. C'est l'occasion de faire connaissance avec les gens de notre groupe et ceux d'autres groupes.... Si, de notre coté nous avons pu discuter avec Jean-Michel, un nantais de passage dans le coin, les chauffeurs ont eux aussi fait copain-copain et c'est à deux voitures que nous continuerons la route.
 
Ca fait moins rêver en vrai...
 
Faire la route à deux voitures s'avéra être une bonne idée. Au moins, quand l'un des 4x4 avait un problème, l'autre pouvait l'aider... Pendant que nos deux chauffeurs s'affairaient à remédier aux roues crevées et aux problèmes d'allumage, nous, de notre coté, profitions des splendides paysages désertiques, des lacs et des flamands roses... Seul le vent était là pour nous rappeler que nous étions à plus de 5000 mètres.







 
 
Dès le soleil couché, le vent se calme et le froid s'empare des lieux. Les nuits sont fraîches sur les rives de la laguna colorada... et bien sûr pas d'eau chaude pour se réchauffer. Heureusement, une bonne ambiance, une bonne bouffe et quelques bouteilles de vins permettent de rapidement oublier les rudesses du climat. En plus, d'assister au lever du soleil sur ce lac aux eaux roses restent un spectacle inoubliable...


 
 
Enfin, le dernier jour, c'est le temps des curiosités géothermiques. Ça sent le soufre et la vapeur d'eau aux abords des geysers de Sol de Mañana. Nous déambulons à notre guise auprès des bassins d'eau boueuse en ébullition et des trous béants desquels s'échappent les fumées nauséabondes. Les rayons du soleil tout juste levé peinent à traverser les nuées. Les lieux sous cette lumière paraissent irréels et le vent se tait devant les bruits venus des entrailles de la terre.
 



 
Plus loin, c'est la baignade dans les sources d'eaux chaudes... Après deux nuits dans le froid et à l'hygiène sommaire, un bain à 40°C ne fait pas de mal, même à 5000 mètres en pleine nature.
 
 
 
Puis, c'est le temps des au-revoir. La petite maison au milieu du désert sert de poste de douane. Alors qu'une partie de notre groupe retourne vers Uyuni, nous, en compagnie de quelques autres,  continuons vers le Chili. Un bus nous attend là, nous effectuons les formalités douanières et nous voilà parti pour San Pedro de Atacama.
 
 
 
La Bolivie est un pays splendide. La nature est époustouflante. L'Histoire à façonnée le paysage urbain et toutes les villes regorgent de trésors. Les gens sont simples et accueillants. Ce pays a gardé une certaine authenticité et une identité forte, peut être entretenue par un climat et un environnement pas toujours amical...